Qu'est ce que L'Agroécologie ?

 

L’agroécologie

C’est à la fois un mouvement social humaniste basé sur une approche pluridisciplinaire et globale ainsi qu’un ensemble de pratiques agricoles, basées sur le respect du vivant et des actions attentives aux dimensions économique, sociale et environnementale.

Agriculture naturelle, biologique ou  écologique,  l’agroécologie :

  • offre une production agricole respectueuse de la biodiversité naturelle et cultivée,
  • permet une alimentation saine,
  • valorise les paysans, les ressources naturelles locales et les potentialités de chaque terroir.

Le mouvement agroécologique considère la souveraineté alimentaire comme la base d’une société équilibrée, impliquant un accès pour tous aux ressources vitales et à un revenu décent. Dans ce système, les besoins de l’être humain sont pris en compte dans leur globalité (éducation, santé, logement, transport, économie sociale et solidaire) dans une dimension socio-économique solidaire et équitable. L’objectif est de parvenir à l’autonomie alimentaire de tous les peuples et de sauvegarder nos patrimoines nourriciers.

 

“L’agroécologie consiste à mettre en pratique tout ce que la nature nous a donné et de le régénérer. C’est bien plus  qu’une simple alternative agronomique,  elle se nourrit de la  dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant.  C’est l’essence et le sens même de l’agriculture écologique. «  Pierre  Rabhi 

 

L’agroécologie repose sur le respect des  écosystèmes et sur la reproduction du processus naturel de la vie   :  le respect et l’entretien d’un sol vivant ,  durablement productif   - l’économie de la ressource eau et son usage optimum - la fertilisation organique fondée sur le compostage et les engrais verts et, des traitements  - les traitements   phytosanitaires  naturels  -  le choix judicieux des variétés et races les mieux adaptées aux divers territoires - La multifonctionnalité des espaces avec une diversité des cultures et des produits - le recours à l’énergie la plus équilibrée  - les  travaux antiérosifs de surface, la constitution de haies vives et le reboisement - la réhabilitation des savoir-faire traditionnels dans un esprit d’innovation perpétuelle.

 

Certains  experts de l’ONU encouragent les Etats au développement de l’agroécologie.  De Schutter (2010) face aux conséquences des changements climatiques avance que « ses méthodes de culture seraient aussi ''mieux à même'' de supporter des épisodes de sécheresse (résistance) et d'inondations et permettent, à terme, d'obtenir des rendements beaucoup plus importants que l'agriculture conventionnelle - tout en fournissant de l'emploi rural et en réduisant le coût des traitements ».

 

Il plaide aussi pour un « réinvestissement » dans l'agriculture durable, pour le rôle clé des fermes-écoles dans le développement des formations dédiées à l'agroécologie et en appelle à la volonté politique de s’engager dans la transition mondiale vers l’agroécologie pour nourrir la planète. Pour l'expert, le problème de la faim dans le monde et du changement climatique se résoudra avec la mise en « œuvre de projets agroécologiques adaptés aux petits producteurs ». Une position défendue depuis longtemps, entre autre, par Pierre Rahbi, agriculteur, philosophe et fondateur de Terre et Humanisme.

 

L’agroécologie au Maroc

Dans un pays encore majoritairement rural, caractérisé par une agriculture familiale tributaire de l’aléa climatique dans lequel plus de 90% du territoire est concerné par l’aridité, l’agroécologie présente une véritable solution au droit à l’alimentation et à la santé, une solution à la pauvreté et à l’exode rural. En revalorisant le statut et les savoir-faire paysans, elle permet le maintien de la population rurale sur ses terres ainsi que le développement d’emplois ruraux et la création d’activités génératrices de revenus pérennes dans le cadre d’une relocalisation de l’économie, en favorisant les relations directes entre producteurs et consommateurs.

Ces dernières années, dans différentes régions du Maroc, la sensibilisation et la formation à l’agroécologie menées par certaines associations, le développement des productions agroécologiques à petite échelle par divers acteurs individuels ou associatifs et la volonté de ces acteurs de travailler en réseau, plaident pour le développement du mouvement agroécologique au Maroc.

 

Le Maroc n’échappe ni aux effets désastreux du changement climatique, ni à l’abandon des terres par les populations rurales.

 

Les paysans au Maroc qui cultivent déjà selon les pratiques agroécologiques garantissent non seulement la santé et le bien être des familles rurales en produisant une nourriture saine et suffisante, mais ils contribuent également à une meilleure productivité des ressources naturelles qui ont tendance à s’épuiser rapidement.

 Ils sont les acteurs aujourd’hui de la restauration de la qualité des sols et des écosystèmes, les gardiens de la biodiversité naturelle et cultivée.

 

Avec l’impact du changement climatique, le débat public sera de plus en plus impacté par le discours agroécologique. Il est important que le mouvement agroécologique initié au Maroc pèse sur le débat.

Aujourd’hui, à travers le réseau RIAM, il y a des porteurs de cette vision et il est important qu’ils se fassent connaître.